Les données récentes sur la santé mentale des enfants et des jeunes en Suisse font état d’une dégradation significative du bien-être psychique, en particulier chez les adolescentes et les jeunes femmes. Cette évolution interpelle directement le système éducatif et plus particulièrement les écoles du secondaire II, qui ont un rôle central à jouer dans la promotion de la santé mentale à un âge marqué par de profondes transformations et une vulnérabilité accrue.
L’école occupe en effet une position stratégique: lieu de vie, de socialisation et de développement, elle permet de détecter précocement les difficultés et de mettre en place des mesures appropriées. Au-delà de sa contribution à la promotion du bien-être de toutes et tous, elle peut également intervenir dans l’identification et l’accompagnement des élèves confronté-e-s à des situations complexes ou à risque, y compris des problématiques psychiques. Dans cette perspective, la démarche d’intervention précoce contribue à renforcer les ressources et la capacité d’agir des jeunes concernés, à diminuer les facteurs de risque et à favoriser un environnement favorable à la santé.
Face à ces tendances préoccupantes, la nécessité de promouvoir la santé mentale des jeunes est désormais largement reconnue et davantage thématisée. Le contexte de l’évolution de la maturité gymnasiale représente une opportunité réelle pour ancrer cette thématique dans les projets de développement des établissements.
Le renforcement de l’éducation au développement durable et le développement des compétences transversales constituent notamment des leviers précieux pour aborder le bien-être, l’estime de soi, la gestion du stress ou encore les compétences sociales. Par ailleurs, certaines disciplines offrent des points d’ancrage concrets pour favoriser le bien-être des élèves.
C’est dans ce contexte que ZEM CES a choisi de consacrer un numéro de ses Contributions ZEM CES pour le secondaire II à la promotion de la santé mentale. Fidèles à notre approche, nous avons donné la parole à des acteurs et actrices de toute la Suisse et de tous les groupes concernés. La publication met en lumière des expériences concrètes, des témoignages et des projets innovants, afin d’éclairer les enjeux actuels et de proposer des pistes d’action inspirantes pour les responsables cantonaux, les directions d’établissement et les enseignant-e-s.
Les contributions sont structurées en trois niveaux: cantons, établissements scolaires et pratiques enseignantes. Cette approche souligne l’importance d’une action coordonnée et cohérente à tous les échelons du système éducatif.
La publication est disponible en trois langues.
Près de 100 participant-e-s de 18 cantons se sont réunis le 28 mai 2026 à la HEP de Berne pour une conférence-débat autour de notre publication «Promotion de la santé mentale au secondaire II formation générale».
La rencontre visait à rassembler les groupes cibles concernés (cantons, écoles, hautes écoles, expert-e-s en santé mentale) dans un esprit d’échange de bonnes pratiques et de partage d’expériences, au-delà des frontières cantonales et linguistiques.
L’exposé introductif a fourni aux participant-e-s des repères concrets, tout en favorisant une compréhension commune des enjeux, éclairée par les résultats récents de la recherche scientifique, en particulier dans le domaine des neurosciences.
«À l’intersection entre médecine et éducation, que sait-on de la santé mentale des jeunes et quelles sont les questions ouvertes?»
L’adolescence et le début de l’âge adulte constituent une période de vulnérabilité particulière sur le plan de la santé mentale, marquée par l’émergence de nombreux troubles psychiques. Les avancées en neurosciences offrent aujourd’hui une compréhension plus fine des transformations cérébrales qui surviennent durant cette phase de développement, ainsi que des comportements qui y sont associés. Parallèlement, la prévalence des troubles psychiques chez les jeunes connaît une augmentation préoccupante, liée à plusieurs facteurs, allant d’une meilleure reconnaissance des troubles neurodéveloppementaux à l’influence de grandes tendances sociétales mondiales. Dans ce contexte, l’identification précoce des jeunes les plus à risque apparaît essentielle afin de favoriser une prise en charge adaptée et prévenir l’installation durable de troubles psychiatriques.
Prof. Piguet exerce en tant que psychiatre aux Hôpitaux universitaires de Genève au sein de la Consultation ambulatoire de santé des adolescents et adolescentes et des jeunes adultes et au sein du réseau de santé mentale Archipel. Elle dirige parallèlement un groupe de recherche focalisé sur l’étude de la réactivité au stress et du développement de la régulation émotionnelle à l’adolescence, au département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’UNIGE.
Lors d’une table ronde réunissant notamment des autrices et auteurs de la publication, plusieurs questions clés ont été abordées, parmi lesquelles:
Quels sont les besoins spécifiques des élèves du gymnase et de l’ECG en matière de santé mentale et en quoi diffèrent‑ils de ceux des autres degrés et filières?
Comment ancrer la promotion de la santé mentale dans la culture d’établissement et le développement de l’école?
Comment impliquer au mieux l’ensemble des parties prenantes dans les projets et travailler en réseau avec les acteurs extrascolaires?

Contributions ZEM CES pour le secondaire II, N° 5/2026
Youth Mental Health Day 2026
10 octobre 2026 I dans toute la Suisse
Gesunde Lernende – starke Zukunft: Gesundheit als Schlüssel in der Berufsbildung (seulement en allemand)
26 octobre 2026 I FHNW Campus, Olten
ZEM CES met à disposition une liste des ressources citées notamment dans la publication «Promotion de la santé mentale au secondaire II formation générale» et accessibles en ligne.
Cette liste est régulièrement complétée et mise à jour. N'hésitez pas à nous contacter si vous connaissez des ressources pertinentes.
Suivez-nous sur LinkedinS’inscrire à la newsletter
ZEM CES | Centre suisse de compétence pour le degré secondaire II formation générale et pour l’évaluation des écoles du degré secondaire II.